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Référendum en Italie : une nouvelle claque pour l’UE

La rédaction
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Crédit : Reuters

La défaite cinglante infligée à l’oligarchie européenne lors du référendum italien du 4 décembre ouvre une nouvelle phase de la politique européenne avec des répercutions internationales. Il s’agit du troisième choc de la révolte de « l’homme de la rue » (après le Brexit et l’élection de Donald Trump) contre une classe politique responsable d’une crise économique et de guerres condamnant des millions de personnes à la misère, au désespoir, voire à la mort. Le pourcentage le plus élevé de rejets vient du Sud, de la Sicile et la Sardaigne, où le taux de chômage des jeunes et la pauvreté sont les plus forts, et aussi de la Vénétie au nord-est, victime de la fermeture des industries depuis 2008 et d’un taux élevé de suicides parmi les gérants de PME.

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Nouvelle Solidarité N°19/2016 - S’abonner.

Avec un taux de participation de 70 % de l’électorat (66 % en tenant compte des électeurs à l’étranger), 60 % des Italiens ont rejeté la réforme constitutionnelle dictée par l’UE et les financiers, qui aurait transformé le parlement national en simple chambre d’enregistrement des diktats de Bruxelles et de la BCE à Francfort. En effet, quatre des nouveaux articles « réformateurs » prévoyaient que le droit de l’UE aurait la même validité que le droit constitutionnel italien.

Une zone de turbulences s’annonce donc en Italie. Le Premier ministre Matteo Renzi a démissionné et le président Sergio Mattarella devra désigner un nouvel homme politique ou un technocrate pour former un nouveau gouvernement. La Ligue du Nord et le Mouvement 5 Étoiles (M5S), qui sont dans l’opposition, appellent à des élections anticipées. Mais cela exigerait l’adoption d’une nouvelle loi, l’actuelle ayant été jugée contraire à la Constitution par la Cour Constitutionnelle. Pour l’instant, la majorité du parlement serait favorable à un nouveau Premier ministre du Parti démocrate. En outre, au vu de la crise bancaire et avant l’adoption du budget, le président Mattarella aurait du mal à dissoudre le Parlement en ce moment.
 
La tempête financière annoncée avant le référendum en cas de défaite de Renzi, en particulier par le PDG de la Bourse italienne Raffaele Jerusalmi, ne s’est pas produite. Après dix années de dépression, le temps est compté pour Monte dei Paschi di Siena et certaines autres banques, et la « solution du marché » dictée par l’UE, consistant à renflouer les banques avec l’argent des déposants, est plus difficile que jamais. Si la crise se développe, elle se propagera au niveau mondial.

Alors d’ici peu, l’Italie se trouvera devant un choix fatidique : imposer le fascisme financier, ou bien quitter la zone euro et recourir à des lois d’urgence sur le plan national, dont une réforme sur la séparation bancaire (Glass-Steagall) et un programme d’investissements à grande échelle dans l’économie productive et l’infrastructure.

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