Solidarité & progrès

Le parti du travail humainTel. 01 76 69 14 50

AccueilChroniques stratégiques
X Logo S&P
En 2018, le site de Solidarité & Progrès devient semi-payant. 4 publications payantes vous sont encore offertes. Voir les abonnements

Frappes en Syrie : les « preuves » de l’attaque chimique se font attendre

La rédaction
Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne
PNG - 62.1 ko

Quelque temps après les frappes illégales perpétrées en Syrie par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne dans la nuit du 13 au 14 avril, le gouvernement français a publié une note d’évaluation nationale sur l’attaque chimique supposée du 7 avril à Douma et sur le programme chimique syrien clandestin, emboîtant le pas au rapport similaire publié par la Maison-Blanche.

Le document reprend la dialectique britannique vue à l’œuvre dans l’affaire Skripal, pour conclure que « la France estime que, sans doute possible, une attaque chimique a été conduite contre des civils à Douma le 7 avril 2018, et qu’il n’existe pas d’autre scénario plausible que celui d’une action des forces armées syriennes dans le cadre d’une offensive globale dans l’enclave de la Ghouta orientale ».

L’argumentaire de la première partie, qui nous intéresse ici, est articulé de la manière suivante :

  • L’examen des photos et vidéos, fournies par des sources « habituellement fiables », ont permis aux services français « de conclure avec un haut degré de confiance que la grande majorité est de facture récente et ne relève pas d’une fabrication », et que les symptômes visibles sur ces documents sont bien caractéristiques d’une attaque par arme chimique. Il est ajouté que l’hypothèse d’une mise en scène n’est pas crédible, car « les groupes présents dans la Ghouta n’ont pas les moyens de mener une manœuvre de communication d’une telle ampleur ».
  • Les services estiment « avec un haut degré de confiance que la responsabilité du régime syrien est engagée », et ils s’appuient pour cela non pas sur des preuves, mais sur le fait que cette offensive à l’arme chimique présentait un intérêt militaire et stratégique pour Bashar al-Assad car cela lui permettait de constituer un « accélérateur de conquête et un démultiplicateur d’effet visant à faire tomber au plus vite le dernier bastion des groupes armés ».
  • Enfin, le rapport précise que « les services français ne disposent d’aucune information permettant d’étayer la thèse selon laquelle les groupes armés dans la Ghouta orientale auraient cherché à se procurer ou auraient disposé d’armes chimiques ».

Plusieurs éléments sont frappants :

Tout d’abord, le fait que le rapport ne cite à aucun moment un service de renseignement français du type DGSE (Direction générale des services extérieurs) ou DRM (Direction du renseignement militaire), mais se base sur des documents circulant sur les réseaux sociaux, publiés par des « sources » dont nous allons voir plus loin la nature pour le moins douteuse. Xavier Moreau, directeur de Stratpol, affirmait au micro de RT France le 14 avril que « ni la DGSE, ni la DRM ne se compromettraient dans des choses pareilles ».

Ensuite, on s’étonne de voir notre gouvernement, en l’absence de preuves tangibles permettant d’attribuer l’attaque chimique au gouvernement syrien, s’aventurer dans une spéculation sur les raisons pour lesquelles Bashar al-Assad pourrait avoir songé à recourir à cette arme.

Il paraît également très hasardeux de balayer d’un revers de la main l’hypothèse d’une mise en scène en invoquant le manque de moyens, alors que nous vivons à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux, et que ce type d’images est très facile à réaliser et à faire circuler. De plus, comme nous le verrons, les organisations présentes sur place sont loin de manquer de moyens, ce que les services français ne peuvent pas ne pas savoir.

Enfin, l’utilisation insistante et pesante de formulations telles que « le haut degré de confiance » et des « sources habituellement fiables », venant de services professionnels opérant au plus niveau de l’État, donne la désagréable impression d’un trop plein verbal destiné à « vendre » un argumentaire tout compte fait assez vide.

Des sources « habituellement fiables », vraiment ?

Il faut souligner que la note du gouvernement français prend soin de ne pas citer les « Casques blancs », dont on sait pourtant qu’ils ont fourni de nombreuses photos et vidéos le 7 avril. En effet, le Washington Post, le New York Times et CNN, par exemple, les ont abondamment cités dans les jours qui ont suivi la prétendue attaque. Sans doute les fameux sauveteurs héroïques, décorés d’un Oscar et nominés pour le prix Nobel de la paix, commencent-ils un peu trop à sentir le souffre ? (voir notre chronique du 13 avril)

Les deux seules sources citées sont la Syrian American Medical Society (SAMS) et l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM). Arrêtons-nous ici simplement sur la première : la SAMS est financée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), un bras du Département d’État. En effet, sur son budget total de 6 millions de dollars pour l’année 2015, 5,8 millions provenaient de l’USAID. Son dirigeant se nomme Zaher Sahloul, un militant anti-iranien et farouche partisan de la doctrine de « changement de régime ». La SAMS est liée à l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (MEK), une organisation qui milite avec virulence contre la République islamique iranienne, et qui avait été inscrite sur la liste noire des organisations terroristes du Département d’État américain et de l’Union européenne dans les années 2000.

En Syrie, la SAMS est très présente à Idlib ; elle y coopère avec l’administration locale, qui est actuellement sous le contrôle d’Al Qaïda, c’est-à-dire le Front al-Nosra, rebaptisé Fatah al-Cham en 2016, et dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius disait en décembre 2012 qu’ils faisaient « du bon boulot sur le terrain ». Le coordinateur de la SAMS à Idlib, Mohamed Tennari, avait témoigné en Avril 2015 devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Les médias l’avaient alors présenté comme « un médecin syrien de terrain », omettant de préciser sa compromission avec Al Qaïda. (Source : Truthdig.com)

Les groupes terroristes et les armes chimiques

Début février, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait jeté un pavé dans la mare en déclarant qu’il n’y avait « aucune preuve » que le gouvernement syrien avait utilisé du gaz sarin contre son propre peuple, contredisant ainsi l’accusation par les États-Unis contre Bashar al-Assad. De plus, Mattis ne donnait aucune précision temporelle, ce qui signifiait que cette affirmation valait aussi bien pour l’attaque à Khan Sheikhoun, en avril 2017, que pour la tragédie de la Ghouta en août 2013, comme le faisait remarquer le magazine Newsweek le 2 février. En janvier 2014 déjà, le MIT (Massachusetts Institute of Technology) avait publié un rapport montrant que le massacre chimique d’août 2013 avait été perpétré par les rebelles syriens.

Citons également le cas de Joe Asperman, ce djihadiste français, « expert haut placé en armes chimiques » de l’État islamique (EI). Asperman vient tout juste d’être inscrit sur la liste des terroristes par le Département d’État américain, qui finit par reconnaître que « Asperman a supervisé la production d’armes chimiques et leur déploiement sur la ligne de front pour le compte de l’EI », comme l’explique son communiqué.

Enfin, le gouvernement syrien a annoncé le 12 mars avoir découvert un laboratoire clandestin de fabrication d’armes chimiques dans une zone de la Ghouta, qui venait d’être libérée des groupes djihadistes par l’armée syrienne. Le même jour, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassili Nebenzia, avait accusé les militants d’al-Nosra d’avoir utilisé une substance chlorée dans la Ghouta orientale, blessant 30 civils. Par la suite, les responsables russes n’ont cessé de prévenir que d’autres attaques chimiques sous « fausse bannière » étaient en préparation.

Autant pour les services français qui affirment ne disposer « d’aucune information permettant d’étayer la thèse selon laquelle les groupes armés dans la Ghouta orientale auraient cherché à se procurer ou auraient disposé d’armes chimiques ». 

Emmanuel Macron, en ordonnant ces frappes sur la base des prétendus « renseignements » exposés dans la note d’évaluation nationale, a non seulement bombardé un État souverain sans mandat de l’ONU, mais il a également porté une grave atteinte à la crédibilité de la France (en plus du coup au portefeuille, puisque les frappes françaises ont coûté la broutille de 16 millions d’euros).

Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne Le monde en devenir - chronique stratégique quotidienne

Un message, un commentaire ?


form pet message commentaire
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

  • BONIN Stéphane • 16/04/2018 - 19:33

    Oh oui, "des preuves"............dont on ne nous donne aucun accès aux détails . Seuls vous, Messieurs-Dames de Solidarité et Progrès - et sans doute quelques autres partis ou associations que nos merdias et gouvernants s’ emploieront vite à traiter de "complotistes" - nous permettent d’ y voir un peu plus clair ; c’ est sans doute pour ça que micron/macaron prépare une loi sur les "fakes news" (il ne peut pas parler français celui qui nous sert de Président ?) qu’ il s’ empressera de ne pas respecter lui-même ! Mais ça, quand la majorité des gens le comprendra t’ elle........................et osera descendre dans la rue ?

    Répondre à ce message

Déplier les commentaires||Replier les commentaires
Vous souhaitez aider ? Adhérer, faire un virement mensuel, participer à un stand militant ? Prenez contact avec nous.

Syrie : ne pas frapper, reconstruire

12 avril
Communiqués
Syrie : ne pas frapper, reconstruire

Michel Raimbaud : Syrie, non à la guerre des Trois !

14 avril
Actualité
Michel Raimbaud : Syrie, non à la guerre des Trois !

Communiqué de S&P : Macron doit renoncer à toute intervention militaire en Syrie

10 avril
Actualité
Communiqué de S&P : Macron doit renoncer à toute intervention militaire en Syrie

Casques blancs : l’impérialisme brutal dans le gant de velours de l’aide humanitaire

13 avril
Chroniques stratégiques
Casques blancs : l’impérialisme brutal dans le gant de velours de l’aide humanitaire

Don rapide

Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
- que les capacités créatrices de chaque être humain soient libérées pour le bien commun ;
- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La sortie de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

» Voir le projet complet

en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

Pour nos ennemis ou adversaires, il s’agit d’empêcher que soit comprise par le peuple une politique de crédit public démocratique, la seule arme qui nous permettrait de diriger la finance plutôt que d’être dirigée par elle.

Si S&P dérange, c’est parce que nos idées frappent l’oligarchie financière en plein coeur. Ce combat émancipateur est l’enjeu culturel de notre temps.

Participez à l'effort politique !

Adhérez à S&P, devenez éducateur et créateur de la Nation

Au cours de cette élection présidentielle nous avons entrouvert une porte, car nous avons été les seuls à poser les défis qui sont devant nous.

Nous rentrons dans un monde tout-à-fait instable, dangereux, et sans majorité politique.
Un monde qui peut rentrer en crise à tout moment, y compris avec un risque de guerre.

En adhérant à Solidarité & progrès, en apportant vos moyens financiers et humains, nous pourrons ensemble franchir le seuil de la porte et faire ce qui est nécessaire.
Aller vers un futur qui soit vivable, meilleur, plus juste.

Jacques Cheminade
Faire un don et adhérer plus tard