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Pandémie de famine : l’urgence d’une mobilisation internationale

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Chronique stratégique du 15 octobre 2020 (pour s’abonner c’est PAR ICI)

Les mises en garde exprimées depuis le printemps dernier par David Beasley, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), sur le danger de crise alimentaire mondiale, se confirment. Dans un appel publié le 17 septembre, il tire la sonnette d’alarme : si l’on n’agit pas immédiatement, des famines aux « proportions bibliques » vont frapper en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique latine et ailleurs, et l’on pourrait très vite se trouver dans une situation où 300 000 personnes mourront de faim chaque jour !

Catastrophes naturelles, conflits, déplacement de populations, le PAM intervient avec des moyens élémentaires. Chaque jour 5000 camions, 20 navires et 92 avions sont sur le terrain pour livrer de la nourriture aux populations en détresse. Cependant, si avec son budget actuel de 8 milliards de dollars, le PAM a pu fournir en 2019 quelques 15 milliards de rations à 97 millions de personnes dans 88 pays différents, il manque encore 5 milliards sur les 6,8 milliards de dollars supplémentaires qui seraient nécessaires pour secourir la totalité des 270 millions de personnes qui seront dans le besoin d’ici la fin 2020 !

« C’est déjà en train d’arriver »

« C’est une question de vie ou de mort », affirme Phillip Tsokolibane, le dirigeant du mouvement de LaRouche en Afrique du Sud, dans son appel à l’action pour combattre la famine en Afrique. « Je lance un appel urgent, non pas en tant que citoyen de mon pays, mais en porte-parole de tous ceux qui ont faim, ou qui seront bientôt en situation de famine en Afrique, et qui n’ont personne vers qui se tourner ».

Le continent africain est passé au niveau 4 d’insécurité alimentaire, le niveau précédant celui d’état d’urgence alimentaire maximal. « La question n’est pas de savoir si cela va arriver ou non, écrit Tsokolibane. C’est déjà en train d’arriver . Et à moins que l’on agisse rapidement, des millions et des millions de personnes vont mourir dans les prochaines semaines et mois ».

Comme l’explique Tsokolibane, c’est la combinaison de la politique délibérée de sous-développement et de pillage – appliquée depuis des décennies en Afrique par l’oligarchie financière de Wall Street et de la City —, avec la pandémie de Covid-19, le fléau des criquets pèlerins, et d’autres désastres naturels, qui a créé les conditions de la plus grave crise alimentaire depuis la seconde Guerre mondiale.

Lors de son interview du 9 octobre sur PBS, donnée suite à l’attribution du prix Nobel de la paix au Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley a expliqué qu’au cours des trois dernières années seulement, « le nombre de personnes au bord de la famine a augmenté, avant même le Covid, de 80 à 135 millions. Avec la pandémie, ce nombre est désormais de 270 millions ». Les pays les plus touchés sont en Afrique la Somalie, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, le Niger, le Soudan du Sud, et au Moyen-Orient la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan et le Yémen. Au Burkina Faso, par exemple, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë a presque triplé depuis le début de l’année 2020, passant de 1,2 à 3,3 millions.

L’inaction engendrera fatalement des famines aux « proportions bibliques », des déstabilisations régionales et des flux migratoires massifs, prévient Beasley. « Nous avons un remède contre la famine. Cela s’appelle la nourriture ».

Il faut une mobilisation internationale

Il est clair que l’action des organisations humanitaires ou de gouvernements isolés ne peut suffire. « Étant donné l’état des infrastructures sur le continent [africain] et le fait que ces famines se développent généralement dans des régions rurales isolées, les besoins en distribution de nourriture dépassent largement les moyens de gouvernements ou d’organisations individuels », affirme Phillip Tsokolibane.

Selon le PAM, 6,8 milliards de dollars sont nécessaires pour venir à bout de cette crise alimentaire. Ce qui est bien peu en regard des milliers de milliards qui ont été injectés dans les marchés financiers depuis le mois de mars, et qui n’ont bénéficié qu’à une poignée de milliardaires, comme le constate une étude publiée le 7 octobre par le cabinet de conseil PwC et la banque suisse UBS. Avant l’attribution du prix Nobel, malgré les appels répétés de David Beasley, seuls 700 millions de dollars avaient été mobilisés ; depuis, le prix Nobel a porté la crise sous les projecteurs, ce qui a permis de mobiliser un petit milliard supplémentaire (donc 1,8 milliard sur les 6,8 milliards nécessaires) .

Dans son appel, Tsokolibane demande aux pays producteurs, et en particulier les États-Unis, le Canada et d’autres, de s’associer pour apporter leur aide. Mettant le président Trump au défi, il écrit :

Donnez la permission aux agriculteurs américains de produire des biens alimentaires, et déployez les vastes ressources de l’armée américaine pour les apporter à ceux qui en ont besoin sur mon continent.

Il faut un effort international, conclut-il. Le type d’effort que les États-Unis ont fait à la fin de la seconde Guerre mondiale avec les programmes d’aides alimentaires et sanitaires en Europe.

Un test moral pour l’Europe

Comme Helga Zepp-LaRouche, la présidente-fondatrice de l’Institut Schiller international, et Jacques Cheminade, le président de Solidarité & progrès, le disent depuis longtemps, la question de l’Afrique est un test moral pour nous autres Européens. Une bonne fois pour toutes, nous devons en finir avec cette Union européenne et sa politique d’immigration insupportable, qui consiste à tout faire pour dissuader les migrants de venir, y compris à laisser des conditions horribles se développer dans les camps de migrants, comme on a pu le voir à Lesbos.

Rappelons qu’en 2017, à part Jacques Cheminade, aucun candidat à l’élection présidentielle n’a utilisé son temps de parole officiel pour évoquer la « pire crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale » (voir ci-dessous la vidéo de son interview sur Europe1). 

Dans son livre-projet La France avec les yeux du futur, Cheminade écrivait :

Résoudre le problème de l’immigration, (…) cela implique de jeter la Françafrique à la rivière, avec ses mallettes, ces valises, ses cassettes et ses licornes, et de fournir aux pays africains les moyens de leur indépendance et de leur développement réel. De manière à ce que le capital humain puisse y rester, d’une part en y promouvant l’équipement social et culturel, d’autre part en organisant dans chaque pays et à une échelle panafricaine un vecteur scientifique tractant leur économie vers le futur. C’est notre intérêt bien compris et le leur. C’était le rêve d’un Cheikh Anta Diop et d’un Thomas Sankara, il est temps de le réaliser.

En ce jour de 43e anniversaire de l’assassinat de Sankara, le monde attend des actes.

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Le cri d’alarme de Jacques Cheminade sur l’Afrique par Europe1fr

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Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

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