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Corée, Iran : le développement économique, seule voie possible pour garantir la paix

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Il est encore trop tôt pour savoir dans quelle direction vont aller les choses suite au retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Jusqu’où Israël sera prêt à aller dans la confrontation avec celui qu’il perçoit comme son principal ennemi dans la région ? Quelle va être la réaction de la société iranienne ? Que vont faire les Européens ? Le président Trump va-t-il se ranger complètement du côté des partisans de la ligne dure anti-iranienne, ou va-t-il laisser des portes ouvertes pour de nouvelles négociations, comme il l’a fait dans le cas de la Corée du Nord ?

Ce qui est certain, c’est que nous vivons un moment de l’histoire où tout peut aller très vite dans une logique d’affrontement et d’escalade militaire incontrôlée, ou bien dans un sens positif de résolution des différents points de tension.

Car, tandis que l’attention médiatique se focalise sur la décision de Trump de sortir de l’accord iranien et sur les conséquences, des développements majeurs ont lieu en Asie qui représentent un changement du cours de l’histoire dont les répercussions seront aussi mondiales :

  • Comme nous l’avons rapporté, au moment-même du sommet historique entre la Corée du Nord et la Corée du Sud à Panmunjom, le Premier ministre indien Narenda Modi et le président chinois Xi Jinping se sont rencontrés. Cette réunion « informelle » de deux jours, qui intervient après plus d’un an de très fortes tensions entre les deux pays, notamment autour de la frontière du Doklam, reflète la volonté de part et d’autre de sortir de la crise. Et bien que l’Inde n’ait toujours pas rejoint l’initiative chinoise Une ceinture, une route (« Belt and road initiative », ou BRI), des projets de développements économiques conjoints sont en discussion pour l’Afghanistan, le Népal et le Bangladesh.
  • Les 7 et 8 mai a eu lieu aussi une rencontre surprise entre Kim Jong-un et Xi Jinping dans la ville portuaire chinoise de Dalian, pour s’entretenir de la question de la péninsule coréenne. À cette occasion, Kim a déclaré que « dès lors que les parties concernées abandonneront leurs politiques hostiles et retireront tout ce qui menace la sécurité de la Corée du Nord, il ne sera plus nécessaire à cette dernière de posséder des armes nucléaires et la dénucléarisation sera possible ». Il a également fait part de son espoir de voir Pyongyang et Washington construire une relation de « confiance mutuelle », précisant qu’il souhaitait que « des phases et des mesures synchrones » soient prises afin de parvenir à la dénucléarisation.
  • Le Premier ministre chinois Li Keqiang est arrivé au Japon le 8 mai — la première visite d’un Premier ministre chinois depuis huit ans – pour y mener des discussions bilatérales et participer à la 7ème rencontre entre les dirigeants chinois, japonais et sud-coréens, prévue pour le 9 mai. Li a fait part de son souhait que « les trois pays puissent renforcer leur confiance mutuelle, chercher la coopération, et contribuer au développement régional, à la paix et la prospérité ».
  • Lors de sa rencontre avec Kim Jong-un le 27 avril, le président sud-coréen Moon Jae-in lui avait présenté une proposition de développement économique. Un article paru le 7 mai dans le South China Morning Post (SCMP), sous le titre « Séoul fait une offre à Kim Jong-un pour lier les économies de la Corée du Nord et de la Corée du Sud à la Chine », donne davantage d’éléments sur ce projet. Le quotidien de Hong-Kong note que la proposition de Moon pour une « Nouvelle carte économique de la péninsule coréenne » est basée sur un discours prononcé par le dirigeant sud-coréen à Berlin le 6 juillet 2017, où il avait proposé de construire « trois ceintures économiques entre les deux pays » : une ligne ferroviaire partant de la Corée du Sud, traversant la Corée du Nord et s’étendant en Russie ; une ligne transversale Est-Ouest le long de la Zone démilitarisée ; et une seconde ligne Nord-Sud, celle-ci s’étendant à la Chine, reliant ainsi la péninsule à la BRI.

Le SCMP explique que cette liaison ferroviaire partira de Mokpo à la pointe sud-ouest de la péninsule, passera par Séoul et Pyongyang, et la région administrative nord-coréenne de Sinujiu, avant d’atteindre Beijing. « Beijing accueillera certainement favorablement cette proposition, car elle s’accorde pleinement avec la volonté chinoise de promouvoir le développement économique durable et de stimuler la ceinture de la rouille dans le nord-est du pays ».

« Un nouvel ensemble de relations entre les nations est en train d’émerger », comme le dit notre amie Helga Zepp-LaRouche, la présidente international de l’Institut Schiller, « des relations basées sur une coopération gagnant-gagnant ». L’Asie nous montre la voie. C’est là-bas que l’avenir se construit, dans cette partie du monde qui est la seule à réellement se développer économiquement, au point qu’elle joue le rôle de locomotive pour les pays d’Europe centrale et de l’Est, ainsi que pour toutes les nations qui ont eu la lucidité et le bon sens de rejoindre l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la soie, plutôt que de continuer à s’accrocher ou à se soumettre au système de pillage financier de la City et Wall Street.

Cette dynamique de coopération autour des projets de développement – transports, eau, énergie, etc - est la seule voie qui permettra de sortir par le haut des multiples crises au Moyen-Orient. D’ailleurs, les ennemis de la paix au sein de l’oligarchie financière ont de tout temps fait en sorte d’alimenter les conflits et déstabilisations dans cette région, voulant à tout prix éviter qu’elle ne devienne ce qu’elle est potentiellement par sa situation géographique, c’est-à-dire un carrefour de développement et de dialogue des civilisations.

Les dirigeants occidentaux, piégés dans la nasse de la géopolitique héritée des siècles précédents, et où la règle du jeu veut que l’on défende ses intérêts contre celui des autres, vont devoir faire un choix clair : veulent-ils la guerre ou la paix ? Donald Trump, au moins pour ce qui concerne l’Iran, en épousant totalement les intérêts d’Israël et de l’Arabie Saoudite, a choisi une position dangereusement partiale. Mais la question se pose pour le président Emmanuel Macron, qui erre dans le purgatoire entre l’ancien monde et le nouveau, disant un jour ne pas être néoconservateur et vouloir créer un axe Paris - Moscou - Pékin, et bombardant un autre jour la Syrie en toute illégalité, tout en promouvant un axe Paris - New Delhi - Camberra.

Pour creuser le sujet, voir l’entretien vidéo du 7 mai entre Jacques Cheminade et Alain Corvez :

Voir les 2 commentaires

  • Daniel • 12/05/2018 - 10:41

    Qu’est ce que "la ceinture de la rouille" ?

    • Karel Vereycken • 12/05/2018 - 11:01

      Littéralement "ceinture de la rouille". C’est le nom qu’on donne aux Etats-Unis au vieux bassin industriel (charbon et acier) qui comprend l’Ohio, le Michigan et l’Illinois, aujourd’hui des régions sinistrées.

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