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À qui profite le grand show médiatique de Netanyahou contre l’Iran ?

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Tel le défilé des horreurs, les provocations se succèdent, apparaissant chacune plus grossière (et dangereuse) que la précédente : le Russiagate, l’affaire Skripal, l’attaque chimique sous fausse bannière en Syrie, et aujourd’hui la prestation d’un « Bibi » Netanyahou assurant détenir « les preuves » de l’existence d’un programme nucléaire secret en Iran, dans un mauvais remake du discours de Colin Powell en 2003 sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein...

Bien entendu, il est essentiel de ne pas se fixer sur chacune de ces provocations comme une chose en soi, et de voir le tableau dans son ensemble, car elles reflètent toutes les efforts déterminés de l’oligarchie financière de Londres et New York pour empêcher l’émergence de la Russie et de la Chine et du nouveau paradigme « de détente, d’entente et de coopération » que ces nations appellent de leurs vœux.

Le Premier ministre israélien – comme auparavant Theresa May avec l’affaire Skripal, puis Trump et Macron lorsqu’ils ont cédé aux sirènes guerrières en frappant en Syrie – joue une fois de plus le rôle d’idiot utile des va-t-en guerre.

Dans un décor de plateau télévisé équipé d’étagères remplies de classeurs et d’un meuble garni de CDs, le tout semblant sortir tout droit du magasin IKEA du coin, Netanyahou a présenté lundi les « archives atomiques secrètes » que les services du Mossad seraient parvenus à dérober dans un entrepôt en périphérie de Téhéran, et qui prouveraient que les Iraniens auraient menti (avant la signature de l’accord en 2015 !) en prétendant avoir stoppé leur programme nucléaire militaire.

Face à ces accusations, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a réitéré mardi n’avoir « aucune indication crédible d’activités en Iran liées au développement d’un engin nucléaire après 2009 ». Dans son communiqué, l’agence de l’ONU cite le rapport établi en décembre 2015 par ses services et qui avait conduit le conseil des gouverneurs de l’AIEA à déclarer que l’examen de cette question était terminé. Les diplomates européens et russes ont donc raison lorsqu’ils affirment que rompre cet accord et remettre l’Iran aux bans des nations est sans doute la meilleure façon pour l’encourager à relancer son projet d’arme atomique !

En Israël, il semble également qu’une partie de la communauté du renseignement et de la sécurité elle-même n’accorde que peu de crédit aux gesticulations du Premier ministre. « Nous n’avons pas trouvé de smoking gun [revolver fumant] », reconnaît Amos Yaldin, directeur de l’Institut d’études pour la sécurité nationale. Uzi Arad, ancien conseiller à la sécurité nationale, estime qu’ « il n’y a pas de nouvelles informations là-dedans, qui n’étaient pas connu auparavant ».

« Si l’intention avait été de créer une justification pour l’abandon de l’accord nucléaire sous la forme d’un ‘flagrant délit’, exposant une violation actuelle des conditions de l’accord, il aurait certainement laissé tomber une énorme bombe », a dit Arad. « En pratique, cependant, il n’y a rien de nouveau dans la présentation, il a intégré des éléments historiques [qui datent] et aucune preuve d’une infraction iranienne ou d’une violation de l’accord depuis sa signature ».

De son côté, l’ancien officier du Mossad Gad Shimron a sévèrement critiqué le Premier ministre israélien pour avoir divulgué ces informations en prime-time à la télévision, dénonçant une « utilisation très infructueuse de l’information par un politicien déguisé en vendeur ou en vendeur déguisé en homme politique ». « C’est une honte de présenter cette information à la télévision aux heures de grande écoute. Il n’y a aucun moyen de savoir quel agent du Mossad il met en danger en faisant cela. Si vous avez des informations, vous devez les partager avec vos alliés, et même dans ce cas, vous devez utiliser mille astuces pour éviter d’exposer la source ».

Shimron a également expliqué qu’il avait discuté de la question lundi soir avec d’anciens collègues du Mossad. « Ils ont été choqués par l’utilisation aberrante de cette information : si Netanyahou voulait [que le président Donald] Trump ait connaissance de cette information, il aurait pu la partager avec lui par les canaux habituels ».

Rappelons que lors de son intervention devant le Congrès américain en 2002, Netanyahou avait assuré que « si vous nous débarrassez de Saddam Hussein et de son régime, je vous garantis que cela aura d’énormes répercutions positives dans la région ».

On pourrait rire du grotesque si la situation n’était pas extrêmement dangereuse. La Knesset (le Parlement israélien) vient de voter ce lundi, en troisième lecture, avec 62 voix contre 42, une loi attribuant au Premier ministre et au ministre de la Défense seuls le pouvoir de déclarer la guerre, en cas de « conditions extrêmes ». De plus, Si Trump annonce le 12 mai qu’il rejette les accords avec l’Iran, cela pourrait bien avoir pour conséquence de saboter tout accord avec la Corée. En effet, comment faire confiance aux États-Unis alors qu’ils torpillent un accord auquel ils ont eux-mêmes contribué ? Comme le dit Helga Zepp-LaRouche dans sa conférence internet du 3 mai, le Moyen-Orient représente une véritable poudrière à partir de laquelle les milieux de la City et de Wall Street cherchent à déclencher une « guerre par procuration », dont l’enjeu est d’entraîner les États-Unis dans une confrontation avec la Russie et la Chine.

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