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Scandale : Trump annonce vouloir annuler la dette de Porto Rico ! Panique à Wall Street

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Le président américain a fait souffler les premiers vents, et on espère qu’un ouragan de catégorie 5 va déferler sur la place financière new-yorkaise. En effet, Trump a osé dire mardi soir sur Fox News que le peuple portoricain passait avant la dette !

Alors que le journaliste Geraldo Rivera lui demandait ce qu’il serait prêt à faire pour reconstruire l’île dévastée, Trump a répondu : « Il faut que nous regardions l’ensemble de la structure de leur dette. Vous savez, ils doivent beaucoup d’argent à vos amis de Wall Street. Et nous allons devoir annuler tout cela... Vous allez devoir dire ’goodbye’ à cela. Je ne sais pas si c’est Goldman Sachs, mais qui que ce soit, vous allez pouvoir dire ’goodbye’. (...) La dette de l’île est massive... Nous devons venir en aide à la population. »

La réaction a été immédiate ; le lendemain matin, le New York Times a publié un article dont le titre résume le vent de frayeur traversant Wall Street : « Trump veut annuler la dette du Porto Rico. Peut-il vraiment faire ça ? ». L’article explique que, contactés à la suite des déclarations du Président sur Fox News, « les créanciers de Porto Rico et leurs conseillers ont dit avoir été pris par surprise et ne souhaitaient faire aucun commentaire ». Brandissant toute une série d’arguments juridiques, le Times assure que non, le Président des États-Unis n’est pas en capacité de faire une chose pareille. « Dans certaines circonstances, l’Internal Revenue Service (le Fisc) peut intervenir, mais pas en ’annulant’ purement et simplement la dette ! »

Le New York Times, Bloomberg, CBS, CNN, etc., ont abondamment relayé les déclarations de Mick Mulvaney, le directeur de l’Office of Management and Budget (OMB, l’équivalent américain de la Cour des comptes en France), laissant entendre que la Maison-Blanche allait sans doute faire marche arrière par rapport aux engagements exprimés par Trump : « Je ne prendrais pas mot pour mot ce qu’il a dit. J’ai eu l’occasion d’en discuter hier avec le Président, pendant qu’il rentrait chez lui à bord d’Air Force One. Porto Rico va de toutes façons devoir assumer les erreurs qui ont été faites par les dernières générations avec ses finances ».

Le président Trump est-il complètement naïf, ou sait-il parfaitement ce qu’il fait ? Des présidents ont été assassinés pour moins que ça. Il y a moins de vingt ans, le Président Bill Clinton avait subit les foudres des dieux de l’Olympe financière, lorsqu’il proposait de créer une nouvelle architecture financière internationale. Et en 1999, suite au scandale « Lewinsky », c’est un Bill Clinton blême, ayant échappé de peu à la destitution, qui signait l’abrogation de la loi Glass-Steagall – la séparation stricte des banques de dépôts et des banques d’affaires mise en place par Franklin Roosevelt en 1933 –, ouvrant ainsi la voie à l’orgie spéculative que nous connaissons aujourd’hui. Avec les propos de Donald Trump, c’est le fantôme de Roosevelt qui réapparaît, un véritable cauchemar pour les financiers.

Il est évident que Porto Rico ne dispose d’aucune base économique pour payer cette dette de 74 milliards de dollars, la troisième la plus élevée des États-Unis, après la Californie et l’État de New-York. 45 % des 3,6 millions d’habitants vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, 15 % est au chômage, et 68 % dépend des programmes d’aides fédérales comme le Medicare (assurance-santé) et le Medicaid (assistance médicale).

Avant que les ouragans Irma et Maria ne viennent tout détruire sur leur passage, l’île a été ravagée par les plans d’austérité qui se sont succédé depuis des années, similaires aux plans « d’aide » imposés à la Grèce par l’Union Européenne. En juin 2016, Obama a fait voter la loi « Promesa » au Congrès établissant une « commission de contrôle » (qualifié par les portoricains de « junte fiscale ») ; cette commission non élue a littéralement pris le contrôle de la politique budgétaire de l’île, appliquant une cure d’austérité brutale, avec la privatisation de services publics, la réduction des pensions dans la fonction publique, du salaire minimum et des retraites...

Si Donald Trump va au bout de son engagement, cela peut déclencher un processus de non-retour d’annulation des dettes illégitimes et odieuses, tel que nous le préconisons depuis longtemps ; et c’est bien cette boîte de Pandore que les milieux financiers ne veulent surtout pas voir s’ouvrir. Mais il va falloir pour cela pousser Trump à remettre sur la table sa promesse de campagne pour un « Glass-Steagall du XXIe siècle », qui a été jusqu’ici écartée par les agents de Wall Street au sein-même de son administration, à commencer par le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, et son conseiller économique Gary Cohn, deux anciens de la banque Goldman Sachs.

Alors, soufflons, soufflons, et que les vents dirigent l’ouragan vers la finance !

AGENDA :

Mercredi 11 octobre, à 19h30 :
Conférence-débat de Jacques Cheminade : « le travail, c’est quoi ? »

Inscriptions : 01 76 69 14 50

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