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Empoisonné de Salisbury : un scénario James Bond made in England ?

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Mise à jour du 14 mars : Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a proposé aux autorités de Londres une enquête conjointe pour éclaircir la question, proposition rejetée d’office par les Britanniques !

Article originellement publié le vendredi 9 mars.

Chaque jour, l’ordre du vieux monde impérial tremble sur ses bases, secoué de toutes parts par l’émergence d’un nouveau paradigme de progrès et de coopération entre nations, dont l’esprit d’optimisme embrase rapidement l’Eurasie, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Dépassés par ces développements, les services de sa Majesté ont lancé une vaste opération de communication destinée à nourrir la fièvre anti-russe, dans l’espoir de fournir un prétexte pour une guerre – confirmant ainsi ce que S&P dit depuis toujours à propos du rôle d’instigateurs que jouent les Britanniques dans la déstabilisation mondiale : muscles américains certes, mais cerveau britannique. Il est d’ailleurs remarquable que l’on retrouve les mêmes acteurs que ceux impliqués dans le montage du « Russiagate » contre la présidence Trump, comme nous le verrons plus loin.

Cette nouvelle affaire, qui a suscité des centaines d’articles de presse des deux côtés de la Manche, semble sortie tout droit d’une vulgaire boîte de production de films d’espionnage : dimanche 4 mars, Sergueï Skripal, agent double pour les services secrets britanniques, à la retraite, a été découvert dans un état critique par des passants, assis avec sa fille sur un banc devant un centre commercial de Salisbury, petite ville paisible du sud de l’Angleterre. Rapidement, on explique que tous deux auraient été « empoisonnés par une substance toxique inconnue » , et on met de l’avant la thèse d’une « tentative d’assassinat organisée par le gouvernement russe ». Aucune place n’est laissée pour les questions se posant sur les circonstances de l’affaire, ni d’ailleurs sur le pourquoi d’une opération aussi stupide de la part de la Russie, sachant pertinemment que cela serait immédiatement utilisé contre elle…

Devant le Parlement à Westminster, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a proclamé que la Grande-Bretagne était fière d’être « en tête du monde se levant face à la Russie », que les attaques cybernétiques russes contre les infrastructures britanniques constituaient un « acte de guerre » et que, même « s’il est trop tôt pour spéculer » dans le cas de Sergueï Skripal, si l’enquête démontre la responsabilité d’un État, « alors le gouvernement de sa Majesté répondra de façon appropriée et ferme… »

Réagissant à ces propos, l’ambassade russe à Londres a fait savoir qu’elle prenait note du fait que « le ministre des Affaires étrangères a choisi de menacer la Russie de représailles » avant qu’une enquête n’ait été lancée ; « c’est comme si le script d’une nouvelle campagne anti-russe avait déjà été écrit ».

Le précédent Litvinenko

Boris Johnson, tout comme les médias, a comparé l’empoisonnement de Skripal au cas d’Alexandre Litvinenko, et qui est devenu « LE » précédent utilisé par la couronne royale pour étayer la thèse de « Poutine l’empoisonneur ».

Là aussi, le scénario est parfait : le 1er novembre 2006, Alexandre Litvinenko, un opposant russe réfugié à Londres après que son rôle d’agent double pour le MI6 a été découvert par le Kremlin, prend un thé avec deux anciens du FSB (services secrets russes), pour discuter affaires. Hospitalisé deux jours plus tard, Litvinenko meurt le 23 novembre par empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique, après que la photo du mourant sur son lit d’hôpital a circulé dans les médias du monde entier, choquant l’opinion publique.

A l’issue de l’enquête officielle, le juge britannique Robert Owen a fait cette déclaration se voulant accablante : « l’opération a probablement été approuvée par M. Patrouchev [Nicolas Patrouchev, ex-chef du FSB] et aussi par le président Poutine », sans prendre la peine de présenter aucune preuve. Mais après tout, dans toute opération de com’, c’est l’effet qui compte, et au diable la vérité ! Ainsi, les médias n’ont manifesté aucun enthousiasme lorsque de nouveaux témoignages et de nouveaux faits sont venus poser le doute sur la version officielle (cf. article de Sputnik).

Le monde est petit

Mais le plus révélateur sans doute est que l’agent du MI6 ayant mené l’enquête sur l’affaire Litvinenko n’est autre que Christopher Steele, l’auteur du fameux « dossier Steele » – un montage basé sur des ragots non vérifiés sur la prétendue « collusion » entre Donald Trump et le Kremlin, et qui a servi de base à une cabale impliquant Hillary Clinton, la direction du Parti démocrate, des hauts responsables du FBI et du Département américain de la Justice et les services britanniques, dans une tentative de coup d’État contre la présidence Trump, restée vaine pour l’instant.

D’ailleurs, lors de son intervention devant le Parlement, Boris Johnson a assuré à la députée travailliste Yvette Cooper que le gouvernement allait rouvrir le cas d’un financier russe mort en Grande-Bretagne en 2012, en s’appuyant sur une nouvelle « investigation » réalisée par BuzzFeed, le site d’information qui avait justement publié le dossier Steele. Le lendemain de l’intervention de Johnson, BuzzFeed rapportait qu’Yvette Cooper comptait utiliser cette investigation afin de pousser la réouverture de « quatorze cas de morts suspectes liées à l’État russe, et dans lesquelles les autorités britanniques ont conclu qu’il n’y avait aucun méfait ou crime justifiant des poursuites ».

Comme quoi le cinéma britannique n’est pas mort !

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