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Ukraine : cachez-moi ces néo-nazis que je ne saurais voir !

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Dans le contexte d’une opposition grandissante à la politique « business friendly » d’Emmanuel Macron, un climat de guerre civile s’installe en France où l’on voit ressurgir des ligues d’extrême-gauche et d’extrême-droite, comme un écho des années 1930. Les bien-pensants eux-mêmes y mettent leur touche, comme on a pu le voir avec « le manifeste des 300 contre le nouvel antisémitisme » dont on se serait bien passé dans la situation actuelle, tellement l’objectif affiché rate le coche.

Il est évident que le bocal mental franco-français entretenu par les médias contribue grandement à nourrir ce climat d’excitation impuissante. Tout ce qui se passe au-dehors apparaît comme une abstraction sommairement évoquée dans le journal d’information, et se noyant ensuite dans le zapping permanent des images et du divertissement. En témoigne l’atonie des Français face aux frappes illégales engagées, sans le moindre mandat, contre un État souverain par notre propre gouvernement le 17 avril en Syrie, aux côtés de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

En témoigne également le silence assourdissant – y compris de nos intellectuels « éclairés » et « démocrates » – face à ce qui se passe aux portes de l’Europe, en Ukraine, où le régime de Kiev dérive chaque jour davantage vers une dictature fasciste.

Chasse aux sorcières contre l’opposition politique

Le 26 avril, les deux principaux dirigeants du Parti socialiste progressif d’Ukraine (PSPU), Natalia Vitrenko et Vladimir Marchenko, ont été attaqués et aspergés de lait caillé par des nervis d’extrême droite, au moment où ils quittaient une salle d’audience à Kiev. Le Tribunal venait de débouter leur plainte contre la police pour avoir refusé d’intervenir le 9 mai 2017 alors que d’anciens membres du bataillon néo-nazi Azov dégradaient leur appartement.

La veille, le PSPU avait publié une déclaration de protestation contre le refus des autorités de Kiev de reconnaître la légitimité et les droits électoraux du parti en tant que parti politique ainsi que la répression de l’opposition : « Le comité central du PSPU considère qu’au lieu d’une démocratie une dictature nazie se met en place en Ukraine, incompatible avec les concepts de démocratie et d’élections démocratiques ».

Si l’UE feint d’habitude d’ignorer les agissements néonazis et fascistes en Ukraine, la responsable des Affaires étrangères Federica Mogherini a néanmoins répondu le 24 avril à une question posée le 20 février par le député européen Marco Zanni (Mouvement cinq étoiles). Celui-ci demandait si elle ne considère pas que le cas du PSPU « constitue une grave violation de la liberté de pensée et d’expression politique ».

Tout en s’interdisant de commenter des procédures judiciaires en cours, Mogherini s’est dit informée du cas et a confirmé qu’il incombe au gouvernement de Kiev de respecter les règles démocratiques – y compris celles concernant la reconnaissance et les activités de partis politiques.

Des élus américains rompent le silence

Aux États-Unis, le soutien apporté aux autorités ukrainiennes soulève davantage d’indignation. Stephen F. Cohen, professeur émérite de l’Université de New York et de Princeton, spécialiste de la Russie, a fait un large exposé sur la situation en Ukraine, intitulé « La collusion de l’Amérique avec les néo-nazis », dans l’émission radiophonique de John Bachelor, le 2 mai.

Le 25 avril, 56 membres du Congrès américain ont adressé une lettre ouverte au secrétaire d’État par intérim John Sullivan, avec force détails à l’appui, pour demander au gouvernement américain de condamner le soutien manifeste apporté par Kiev à des bandes néonazies.

La lettre bipartisane, rédigée à l’initiative des députés démocrates Ro Khanna de Californie et David Cicilline du Rhode Island, critique les gouvernements polonais et ukrainien pour avoir adopté des lois réhabilitant les collaborateurs des Nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais insiste sur les agissements ukrainiens. Les 56 élus américains rappellent que les lois du Souvenir adoptées en 2015 en Ukraine glorifient « les collaborateurs des Nazis et font de la négation de leur héroïsme un crime ».

« Les groupes et les individus encensés par l’Ukraine incluent les collaborateurs nazis Stepan Bandera, Roman Choukhevytch et l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), ainsi que l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) », écrivent-ils. « Dans certains cas, ces paramilitaires et individus ont collaboré avec les nazis et sont responsables du meurtre de milliers de Juifs, de 70 000 à 100 000 Polonais et d’autres minorités ethniques entre 1941 et 1945 ».

« Il est particulièrement troublant de constater qu’une grande partie de la glorification nazie en Ukraine est soutenue par le gouvernement. Citons par exemple la campagne pro-UPA de 2017 menée par l’Institut ukrainien de la mémoire nationale ; les manifestations de rue en l’honneur de Bandera et de Choukhevytch organisées par le conseil municipal de Kiev ; et la fête de Choukhevytch à Lviv en 2017, qui a eu lieu à l’occasion de l’anniversaire des Pogroms de Lviv de 1941, au cours desquels 4 000 Juifs avaient été tués ».

« Le révisionnisme de l’Holocauste parrainé par l’État en Ukraine s’accompagne d’autres formes d’antisémitisme », poursuit la lettre. « Comme l’a souligné le Département des affaires de la diaspora d’Israël dans son rapport annuel sur l’antisémitisme, la réhabilitation de ces héros ukrainiens a coïncidé avec l’incidence croissante de l’antisémitisme en Ukraine ».

Les membres du Congrès évoquent une marche de 20 000 personnes en novembre dernier « en l’honneur du 75e anniversaire de l’UPA. Ces marches aux flambeaux sont étroitement liées à des organisations telles que le bataillon néo-nazi Azov ». Notons que ce bataillon paramilitaire était soutenu financièrement et armé par les États-Unis jusqu’à récemment, comme le rappellent les 56 élus. Mais, « plutôt que de le dissoudre, le gouvernement de Kiev l’a incorporé dans la Garde nationale ukrainienne supervisée par le ministère de l’Intérieur. Il est bien connu que le groupe est étroitement lié au ministre de l’Intérieur Arsen Avakov ».

Monstre de Frankenstein

Dans leur lettre, les députés américains omettent malheureusement de rappeler que le régime de Kiev, y compris sa composante néo-nazie, est le pur produit de l’OTAN et de l’administration Obama, en particulier par l’intermédiaire de Victoria Nuland, qui était responsable des affaires européennes et eurasiatiques au Département d’État américain. Cette opération, financée et réalisée en coopération avec la fondation Open Society de George Soros, a été menée en pleine connaissance des groupes nazis qui menaçaient le gouvernement élu de Kiev en 2014, dans le but de provoquer une escalade militaire et politique contre la Russie.

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L’Ukraine constitue aujourd’hui l’un des leviers – avec la Syrie et l’Iran – par lesquels l’empire financier de Wall Street et de la City tente de saper toute possibilité de paix mondiale. Le 30 avril, le président ukrainien Petro Poroshenko – à qui la Rada (le parlement) a confié au début de l’année les pleins pouvoirs sur l’armée – a officiellement lancé une nouvelle « opération de forces conjointes » pour le Donbass. Il s’agit d’une nouvelle structure militaire qui, selon le gouvernement ukrainien, va apporter des « changements drastiques », abandonnant la simple posture anti-terroriste pour « donner à l’armée ukrainienne des pouvoirs et un contrôle supplémentaires sur les unités de la Garde nationale, des Services de sécurité et de la Police nationale », comme le décrit l’agence russe TASS.

Le même jour, le président ukrainien et le Département d’État américain ont confirmé que les systèmes de missiles antichars américains Javelin étaient arrivés en Ukraine. Sur sa page Facebook, Porochenko a écrit que ces armes étaient nécessaires pour « repousser l’agression russe ».

En ces jours de célébration de la victoire contre le nazisme et le fascisme, il est temps de dénoncer haut et fort cette dérive fasciste et militariste de l’Ukraine. Sans cela, dénoncer l’antisémitisme en France comme l’ont fait « les 300 » revient à mentir aux Français, tout en se mentant à soi-même, et à jouer le rôle de pompier pyromane.

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  • BONIN Stéphane • 22/05/2018 - 19:34

    Tout y est dit.............au contraire de nos "merdias dominants" !

    Répondre à ce message

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