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La Russie, la Chine, les États-Unis et la France pourront-ils faire revivre un concert des nations ?

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Une toute nouvelle géométrie est en train de s’établir dans le monde, échappant au contrôle des obsessions d’empire d’un establishment anglo-américain néo-conservateur qui était en train de conduire le monde dans le mur. L’entente en train de se dessiner entre les trois principales puissances du monde, la Russie, la Chine et les États-Unis – la France de Macron voulant également entrer dans le jeu – ouvre la voie à un dialogue pragmatique pour résoudre la crise « grave » qui a lieu dans le monde, de l’avis même d’Emmanuel Macron. Et, ironie, ceux-là mêmes qui présentaient hier Poutine comme isolé sur la scène internationale, et qui voudraient présenter Trump comme tel aujourd’hui, apparaissent de plus en plus isolés et désemparés, comme Merkel et les Britanniques.

La relation entre la Chine et la Russie – le pays le plus peuplé et le pays le plus vaste – a atteint un niveau de maturité, de l’avis des observateurs, contredisant les analystes français pour qui ces deux nations ne pouvaient qu’avoir des relations superficielles. Elles sont en train d’intégrer leurs projets respectifs : les Nouvelles Routes de la soie (NRS) et l’Union Économique Eurasiatique (UEEA). Leurs échanges ont augmenté de 27 % début 2017, par rapport à l’année précédente. De même, déjouant tous les pronostics, les États-Unis de Trump sont en train de stabiliser leurs relations avec la Chine, surtout depuis le sommet de Mar-a-Lago début avril. A Paris, lors de sa conférence de presse commune avec Macron, Trump a déclaré qu’il respectait beaucoup le président chinois : « Nous nous connaissons bien désormais ; c’est un homme de qualité et qui aime la Chine. »

La longue discussion entre Poutine et Trump, en marge du G20 à Hambourg, est reconnue par tout le monde comme une grande percée. Le cessez-le-feu conclu pour la Syrie, qui tient depuis 8 jours, représente un changement complet dans la situation de la région, mais également globalement ; car le monde sait maintenant que la coopération entre les États-Unis et la Russie est possible, et l’effet stabilisateur est immédiat. Revenant sur cette rencontre, Poutine a remarqué que Trump lui est apparu « comme quelqu’un d’ouvert et de très différent de son image médiatique. (…) Mais ce qui m’a le plus étonné et auquel je ne m’attendais pas, c’est sa capacité d’écoute – ce qui est très important à ce niveau-là. Il réagit aux arguments de son interlocuteur, même si quelque chose ne lui plaît pas, ou s’il est en désaccord ; il pose des questions et répond aux arguments. C’est très important, et je pense que ça a été un moment très positif. » Dans une interview sur CBN, Trump a répondu aux sceptiques et aux ennemis de l’entente entre la Russie et les États-Unis : « Nous sommes deux très grandes puissances nucléaires, et cela n’aurait aucun sens que nous n’entretenions aucune relation. (…) Poutine souhaite ce qui est bon pour la Russie, et je souhaite ce qui est bon pour les États-Unis. Nous avons réussi à établir ce cessez-le-feu pour la Syrie, et il y a beaucoup domaines dans lesquels nous pourrions avoir des avancées positives. » Trump a déclaré par ailleurs que les deux pays sont en train de travailler sur l’établissement d’un second cessez-le-feu en Syrie.

Trump reçu à Paris

A l’invitation de Macron, Donald Trump a été accueilli avec le tapis rouge à Paris, pour une visite de deux jours, au cours de laquelle les deux présidents ont affiché une relation chaleureuse, placée dans la perspective de l’amitié historique entre nos deux pays, dont « les destins ont été étroitement liés sans équivoque depuis Lafayette », comme l’a remarqué Trump. La Syrie a été l’un des principaux sujets de discussion, avec une volonté commune de travailler ensemble pour résoudre le conflit. Macron a expliqué qu’ils allaient lancer une initiative impliquant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine), dans le but de « préparer la feuille de route de l’après-guerre. » Il a également réitéré le fait que « la destitution de Bachar el-Assad » n’était pas « une condition préalable » à des discussions avec le pays. A un journaliste lui demandant de donner son appréciation sur ses relations avec le président Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a répondu que « cette relation est très importante, nous avons beaucoup de désaccords et de différences avec la Russie, mais dans l’environnement actuel, en particulier au Moyen-Orient, c’est une nécessité que de travailler ensemble, d’échanger les informations, de partager nos désaccords et d’essayer d’y concevoir des solutions. (...) Voilà ma position sur la Russie. Évidemment nous n’avons pas la même relation qu’avec les États-Unis, mais c’est une relation également ancienne et je pense qu’il est important que nous ayons l’un et l’autre un contact direct avec Vladimir Poutine. »

Outre-manche, ces développements ne sont pas du goût de tout le monde. Le journal Le Monde remarque qu’en invitant Donald Trump au défilé du 14 juillet, Emmanuel Macron a grillé la politesse au Royaume Uni, traditionnellement le premier pays qu’un président américain visite après avoir été élu. Dans un article paru dans le Guardian et intitulé « Avec le Royaume-Uni à l’écart, Macron forge une alliance inattendue avec Trump », le journaliste Patrick Wintour explique que « la plus grande inquiétude pour le Royaume-Uni est que Trump soit attiré par l’énergie de Macron, et qu’il se détourne des Britanniques, les jugeant trop préoccupés par les turpitudes du ’brexit’, et de plus dirigés par une ’loser’ [Theresa May] ayant perdu sa majorité parlementaire. Le report de sa visite officielle à l’année prochaine risque de devenir le symbole d’une ’relation spéciale’ mal en point. »

Mais si ces développements sont très positifs, la situation est loin d’être résolue, d’une part parce que les milieux financiers et les néo-conservateurs anglo-américains sont toujours à la manœuvre pour reprendre les choses en main, et d’autre part parce qu’il reste au-dessus de nos têtes l’épée de Damoclès du krach financier. Jacques Cheminade a d’ailleurs twitté ce matin : « Macron et Trump veulent la paix avec la Chine et la Russie, mais sans faire la guerre à la City et Wall Street. Vous avez dit bizarre ? »

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